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L'industrie bovine canadienne a traversé une grave crise durant les années qui ont suivi le premier cas indigène de vache atteinte d'encéphalopathie spongiforme bovine (ESB) au Canada, le 20 mai 2003. Cette crise aura mis en lumière deux faiblesses structurelles de la filière bovine, la dépendance face aux abattoirs et au marché états-uniens. Cette situation extrême aura également mis en évidence un sérieux déséquilibre dans le rapport de force entre les différents maillons de la filière. Elle a fait perdre de 8 à 10 milliards de dollars aux producteurs canadiens.
Le contexte de la crise de l'ESB Le 20 mai 2003, une vache albertaine atteinte d'ESB (encéphalopathie spongiforme bovine) est découverte. Dès l'annonce du diagnostic, les États-Unis, suivis d'une trentaine d'autres pays, ferment leurs frontières à tous les bovins et produits bovins canadiens. L'embargo entraîne rapidement l'effondrement des marchés puisque le Canada exportait 70 % de sa production. Le prix de toutes les catégories de bovins s'écroule littéralement. Dans le secteur des bovins de réforme (bovins de plus de 30 mois) par exemple, c'est une chute de 70 % qui s'opère! En août 2003, les États-Unis annoncent la levée partielle de l'embargo pour la viande désossée issue de bovins de moins de 30 mois et, en juillet 2005, pour les bovins vivants de moins de 30 mois destinés à l'engraissement ou l'abattage. Depuis le 19 novembre 2007, la frontière est ouverte aux bovins de réforme (viande et bétail de plus de 30 mois) ainsi qu'aux bovins destinés à la reproduction nés après 1999. La démarche des producteurs de bovins de réforme Au début de la crise de l'ESB, les producteurs de bovins de réforme évoluent dans un contexte de quasi-monopole et vendent leurs vaches à très faible prix au principal acheteur de bovins de réforme dans l'est du Canada (l'abattoir Levinoff-Colbex). Pour faire face à cette réalité et pour obtenir un prix qui tienne réellement compte de la valeur du produit, les producteurs de bovins du Québec se mobilisent et forment un siège devant les installations d'abattage chez Levinoff-Colbex. Les négociations entre les parties amènent la conclusion d'une entente de partenariat avec les propriétaires de l'abattoir. Par l'entremise de la Fédération des producteurs de bovins du Québec, les producteurs de bovins de réforme acquièrent alors 80 % des actions de l'abattoir. Pour ce faire et dans le but de se constituer un fonds de développement, les producteurs de bovins de réforme du Québec adoptent, en mai 2004, le prélèvement d'une somme de 20 $ par bovin réformé. Pour réaliser leur projet d'acquisition, les producteurs optent pour une approche collective (équité entre les producteurs) et innovent en utilisant au maximum les pouvoirs de la loi (Loi sur la mise en marché des produits agricoles, alimentaires et de la pêche). En juillet 2008, la contribution passe à 53,86 $ par bovin de réforme. |
Compétitivité des abattoirs Depuis le 12 juillet 2007, l'interdiction d’utilisation des farines animales contenant des matières à risque spécifiées (MRS) est étendue aux aliments de tous les animaux d’élevage. Au Québec, ce sont quelque 50 000 tonnes de MRS qui sont générées annuellement, tant aux abattoirs qu’à la ferme. Les farines animales issues des MRS n’ont plus de valeur commerciale. Pire, au Québec, on doit payer pour les enfouir! La réglementation des États-Unis est différente. En effet, la liste des MRS est plus courte (dans l'interdiction alimentaire) aux États-Unis qu'au Canada, donc moins restrictive. L'absence d'harmonisation réglementaire entre le Canada et les États-Unis affaiblit considérablement la compétitivité des abattoirs canadiens et de l'ensemble de la filière bovine canadienne. En effet, la gestion des MRS représente un coût supplémentaire de 31,70 $/tête pour les abattoirs de bovins de réforme. Ainsi, pour Levinoff-Colbex, le plus important abattoir de bovins de réforme de l’est du Canada, ces mesures entraînent des coûts supplémentaires de 4 à 5 M$ par année comparativement à ses concurrents états-uniens. Le gouvernement fédéral a reconnu la problématique. En 2010, il a mis en place un programme de soutien aux abattoirs de bovins de réforme.
Pour plus d'information, consultez les documents suivants : Feuillet d'information ACIA : protection accrue contre l'ESB |
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